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Que penser de “Fitna”, le film de Wilders ?

Des versets du Coran suivis d’images du 11 septembre, de prêches enflammés contre les Juifs et les homosexuels, parfois tenus aux Pays-Bas, pour finir par cette question, « l’avenir des Pays Bas ? », sur fond d’images de femmes, de gays et d’enfants martyrisés.

Le clip de Wilders ne méritait ni la publicité du gouvernement néérlandais (à force de vouloir l’empêcher de sortir), ni l’émotion feinte de certains pays islamiques pratiquant la censure envers le religieux mais l’incitation à la haine raciste à longueur de journées. Il ne méritait pas non plus d’être censuré par un diffuseur sur internet. ”Fitna” est clip émotionnel, qui fait appel à l’instinct et non à la réflexion. Il a donc bien sa place sur internet, où l’on trouve déjà des milliers de clips de ce genre, réalisé par des djihadistes ou des paranoïques nous expliquant que le 11 septembre est un complot américain.

Bizarrement, d’ailleurs, les sites de partage de vidéo en ligne comme Daily motion rangent le film de Wilders dans la catégorie « inapproprié » (il faut vous enregistrer pour le voir), alors que les films complotistes sur le 11 septembre sont en libre accès. Pourtant, ces films-là contiennent des informations erronées et des manipulations qui peuvent vraiment induire un internaute en erreur. Alors que le film de Wilders, malheureusement, n’a même pas eu besoin de recourir à ce type de stratagème.

Il se contente d’aligner les images d’horreurs commises au nom de l’Islam ces dernières années. Sans les jihadistes et les intégristes, ce film n’existerait donc pas, puisque Wilders n’aurait aucune image à montrer.

Bien que minimal, le commentaire n’en demeure pas moins problématique. Vers la 10ème minute, Wilders fait le lien entre ces images de haine et le nombre grandissant de musulmans aux Pays-Bas, pour finir par dénoncer l’« islamisation ». Son film ne vise donc ni l’islamisme ni même l’Islam en tant qu’idéologie religieuse, mais le fait qu’il y a trop de musulmans en Europe. C’est un message xénophobe. En cela, le film de Wilders est très différent de ”Soumission”, écrit par Ayaan Hirsi Ali et réalisé par Théo Van Gogh, qui s’attaquait aux versets sexistes du Coran de façon féministe et anti-religieuse. C’est un message opposé à celui de ”Charlie Hebdo”, relaxé de l’accusation d’incitation à la haine, puisque notre traitement de l’affaire des caricatures de Mahomet visait clairement les intégristes, et non les musulmans.

Kurt Westergaard, le dessinateur danois ayant représenté Mahomet avec une bombe dans son turban, envisage d’ailleurs de porter plainte pour utilisation hors contexte de son dessin. Le dessinateur Danois a fait une caricature symbolisant l’instrumentalisation de Mahomet par des poseurs de bombes pour dénoncer la censure. Wilders a voulu faire de ce dessin un présage animé, au service d’un film amalgamant tous les Musulmans vivant en Europe avec des poseurs de bombes prêts à exploser. L’objet, un film et non une caricature, le contexte mais aussi l’intention changent le sens du dessin. Le dessinateur Danois a donc raison de protester.

C’est à ce genre de nuance que l’on distingue un engagement sincère, destiné à éveiller l’esprit critique d’un acte de propagande visant à éveiller l’instinct. Wilders fait plutôt partie de la seconde catégorie, comme les islamistes. Ils n’ont aucune leçon à lui donner. Puisqu’ils utilisent exactement les mêmes procédés pour accréditer l’idée d’un complot de l’Occident contre l’Islam, à partir de dessins ou de phrases sorties de leur contexte. Mais en prime, leurs films incitant à la haine trouvent des mains pour tuer. Ce qui fait tout de même une sacrée différence.

Caroline Fourest @ www.prochoix.org

Lire aussi: L’art de la rhétorique de Caroline Fourest pour démolir Fitna et Wilders, par Roger Heurtebise, dans Riposte Laïque n° 36

Karima répond aux questions de Ni Putes Ni Soumises

Ni Putes Ni Soumises – Ce 8 avril, sera rendu le jugement du procès en référé intenté par tes parents et tes sœurs pour interdire la vente de Insoumise et dévoilée, le livre dans lequel tu racontes les violences, physiques et morales, dont tu as été victime dans ton enfance et ton adolescence. Que penses-tu de la réaction de ta famille ?

Karima – La réaction de ma famille suite à la publication de mon livre m’a ouvert les yeux. Ça a commencé dès l’annonce de la publication : on me téléphonait en me disant que si le livré était publié, je serais reniée par ma famille, que plus personne ne me parlerait. Mais cela ne m’a rien fait. Ils pensaient certainement que ça allait se passer comme avant. Ils s’imaginaient sans doute que, comme les fois précédentes, j’allais revenir car j’avais besoin d’eux, que s’ils menaçaient de me renier, j’allais réfléchir et tout arrêter. En fait, ils ne m’ont pas comprise. Reniée ou pas reniée, maintenant, je m’en fous. Je n’ai plus peur ! Je me sais soutenue et ne me sens plus seule. C’est grâce aux nombreux soutiens que je reçois, notamment de la part de Ni Putes Ni Soumises, qui est là depuis le début, que je tiens le coup et que j’ai envie d’aller plus loin.

Ce qui me chiffonne, c’est ma sœur. Elle a vécu la même chose. Elle aussi s’est vue coudre un voile dans les cheveux. Elle aussi l’enlevait en cachette. À 16 ans, elle a été mariée à un homme qu’elle ne connaissait pratiquement pas, mais qu’elle a épousé pour pouvoir quitter la maison de mes parents. Je ne comprends pas : elle a vécu les mêmes choses, mais elle vient dire que ça n’a jamais existé et voudrait me faire taire.

NPNS – Imaginons que tu gagnes le procès. On suppose que les esprits vont un peu se calmer… Qu’imagines-tu après ?

Karima – Aucune idée. Je vais de surprise en surprise. Je n’imaginais pas qu’il y aurait une pétition pour faire interdire le livre. Je ne m’attendais pas, ensuite, à cette procédure en référé. Je ne sais pas ce qu’ils vont vouloir faire après. J’attends et je verrai bien.

<strong>NPNS – Mais toi, tu as envie de faire quoi ? Vas-tu rester cloîtrée à la maison ? Vas-tu continuer à contrôler tes sorties ? Au contraire, vas-tu oser ressortir de chez toi ? reprendre le boulot ?

Karima – Je n’ai pas envie de recommencer tout de suite à travailler, car j’ai envie d’écrire un deuxième livre. Et le plus vite possible ! J’ai aussi envie de consacrer du temps à mes enfants. Sinon, publiquement, je vais recommencer à sortir. Et je ne me tairai pas. Je continuerai jusqu’au bout. Je ne vais pas me morfondre et rester chez moi. Je veux aller plus loin.

NPNS – Et tu as déjà une idée pour ton prochain livre ?

Karima – J’en ai plein ! Je vais commencer par raconter la suite, c’est-à-dire tout ce qui s’est passé depuis l’annonce de la publication et ce qui se passe maintenant : les intimidations, les menaces, la pétition, la protection judiciaire, la mobilisation, le procès…

J’aimerais également écrire un livre sur une situation alarmante qui existe encore actuellement au Maroc. Certaines familles très pauvres louent leurs filles de 8-9 ans à des familles aisées. Cela s’appelle de l’esclavage. Bien souvent, l’enfant se fait violer, mais elle se tait, elle n’ose pas parler. Parce que c’est le gagne-pain de la famille, parce que ce serait « la honte ». Je veux vraiment dénoncer cette situation.

Car, je le dis, maintenant, je vais tout dénoncer. Je ne m’arrêterai pas.

NPNS – Qu’as-tu envie de répondre à tous ceux qui tentent de t’intimider et qui t’envoient des menaces ?

Karima – A ces gens-là, la première chose que j’ai envie de leur dire, c’est : « Lisez le livre avant de parler ! ». La plupart ne l’ont pas lu. Je leur dis aussi : « Est-ce que, vous, vous étiez là au moment où, moi, j’ai vécu tout ça ? » Ils n’étaient pas là, tout simplement.

Le problème, c’est que mon père, que je respecte, est considéré dans la communauté maghrébine et musulmane comme un saint, un religieux. Ils ne peuvent donc tout simplement pas imaginer qu’un religieux tel que mon père ait fait ça à sa propre fille. Parce qu’il leur montre une belle image de lui. C’est facile de jouer ce double jeu. Je l’ai joué pendant des années chez mes parents : à la maison, j’étais la fille soumise, mais à l’extérieur, je m’éclatais. Mon père, c’est la même chose : devant les gens, il est très bien, mais à l’intérieur… on a vécu ce qu’on a vécu.

Quant aux menaces… Au début, il est vrai, on panique. Mais ça retombe vite aussi. Après tout, des menaces, j’en avais déjà reçues quand j’ai quitté mes parents. La communauté marocaine m’avait déjà collé des étiquettes sur le dos : j’étais partie, j’étais donc une prostituée ; je fumais, j’étais donc une toxicomane ; tous des trucs du genre.

En fin de comptes, je l’ai quand même bien vécu. Je me suis forgée. Ça rend plus fort et ça donne envie d’aller plus loin. Moi, ça me donne l’envie de dénoncer plus de chose, tout simplement.

NPNS – Et à ceux qui disent que c’est l’islam qui est attaqué à travers ce livre ?

Karima – Encore une fois, qu’ils lisent le livre et qu’ils relisent le Coran, ou qu’ils demandent une bonne traduction du Coran. Ce que j’ai vécu, ce n’est pas l’islam. L’islam n’a jamais imposé le voile. C’est interdit par la religion d’imposer le voile. Les mariages forcés sont également interdits par l’islam. Mon père même me l’a dit un jour. Il connaît bien l’islam. Il impose des choses, alors qu’il sait très bien que ce n’est pas dans la religion islamique. Pour eux, être croyant et pratiquant ne suffit pas, il faut montrer une « image musulmane », et donc porter le voile. Moi, je dis que ce n’est pas ça l’islam. Tous ces gens devraient relire à deux fois le Coran. Ils ont tendance à confondre la religion et la coutume.

NPNS – Quand tu étais à l’école secondaire, voyais-tu une différence entre les autres et toi, dans la façon de vivre ?

Karima – Oui. C’est d’ailleurs ça qui me révoltait. C’est pour ça que j’ai commencé à enlever mon voile en cachette. La différence était flagrante. Et pas seulement avec les Belges. Avec les Maghrébines aussi, les Marocaines, qui ne portaient pas le foulard, s’habillaient à l’occidentale, parlaient avec les garçons, se baladaient en ville…

NPNS – Tes amies belges étaient au courant de ce que tu vivais ?

Karima – Non. Elles n’étaient pas au courant de tout. Une partie seulement. Avant d’écrire ce livre, jamais je n’avais tout raconté. À personne. Notamment, quand je suis entrée dans l’adolescence, avec les sous-vêtements ou les serviettes hygiéniques. Chez moi, il n’y avait pas de serviette. Je me débrouillais avec du papier toilette. Et s’il y avait une trace dans ma culotte, je la jetais à la poubelle, bien cachée au fond, ou encore dans le WC. J’avais honte d’avoir mes règles ! Ma mère ne m’en a jamais parlé. Je ne sais toujours pas comment elle faisait. C’est une de mes sœurs qui m’a expliqué et m’a montré ce qu’il fallait faire.

Comme pour les sous-vêtements. C’est ma sœur qui m’a dit que je devais mettre un soutien-gorge. Elle, elle n’en avait qu’un, qu’une de ses amies lui avait donné. Or, il n’était pas question d’en parler à ma mère et de lui demander de m’en acheter un. J’ai donc profité d’un jour où ma mère m’avait envoyée faire des courses pour en voler un. Ce vol a impressionné ma sœur qui, par la suite, me faisait sa petite liste de choses à voler. Et j’ai continué. Je volais de tout : des maquillages, des parfums, des déodorants, des fringues… J’ai également commencé à revendre ce que je volais, à mes sœurs, mes frères, ma voisine, mes amies. Même à ma mère ! J’avais inventé que le père d’une amie tenait un magasin et qu’elle me vendait les objets à moitié prix. Cela me permettait d’avoir un peu d’argent. Pour aller aux excursions de l’école, pour m’acheter le matériel nécessaire pour mes cours de couture, ou même pour m’habiller.

NPNS – Finalement, pour pouvoir ressembler à toutes les jeunes filles de ton âge, tu as été obligée de passer par le vol ?

Karima – Oui. Mais maintenant, c’est fini tout ça. J’ai arrêté quand j’ai quitté la maison de mes parents et quand j’ai trouvé un emploi. J’ai continué mon petit business, c’est-à-dire que je revendais des choses que je savais volées et que j’achetais à moitié prix, mais je ne volais plus.

NPNS – Et tu ne t’es jamais fait prendre ? Tes parents n’ont jamais rien vu ? Pour le maquillage, par exemple, tu ne te maquillais pas à la maison ?

Karima – Non. Je les cachais derrière les haies de la maison. J’y cachais mes vêtements aussi. Et quand je partais à l’école, je prenais mes vêtements et le maquillage, et je me changeais, je retirais mon foulard et je me maquillais. Et avant de rentrer, je faisais pareil, je me rechangeais et je cachais mes affaires. Je n’avais aucun endroit où les cacher dans la maison. À chaque fois que je sortais ou que je rentrais, mon sac était fouillé. Ma chambre était fermée à clé. On ne l’ouvrait que quand je devais y entrer ou en sortir.

NPNS – Et tes frères ? Avaient-ils plus de liberté que toi et tes sœurs ? Et avaient-ils plus de liberté qu’un garçon belge de leur âge peut en avoir ?

Karima – Même plus. Mes frères, ils sortent et ils rentrent quand ils veulent. Ils ont des copines, ils font rentrer leurs copines sans problème, même dans la chambre. Des copines belges ou marocaines, musulmanes ou non. Avec ma mère dans la maison. Un de mes frères passait même des nuits et des nuits dans le lit de mes parents avec sa copine, alors que mon père était en Arabie Saoudite. Ma mère leur donnait son lit ! Ils avaient plus de liberté qu’un garçon belge.

NPNS – Comment expliques-tu que tes parents ne vous accordaient pas autant de liberté, à toi et tes sœurs ?

Karima – Parce que, nous, nous sommes des filles. Et que, pour eux, une fille, ça doit rester vierge. Sinon, elle ne vaut plus rien ! La fille, sa place, c’est à la maison. Elle doit apprendre à servir l’homme plus tard. Pas besoin d’étudier. L’école, ça ne mène à rien. La fille n’a pas besoin de bagage, elle n’a pas besoin de diplôme. C’est son mari qui travaillera et gagnera de l’argent. Chez les parents, la fille apprendra à faire à manger, à nettoyer, parce que quand elle quittera la maison, ce sera parce qu’elle sera mariée. Et que le mari n’a pas à faire le ménage, ce n’est pas sa place. Une fille, pour quitter la maison, est obligée de passer par un mariage. Un garçon peut prendre un appartement tout seul, il ne sera pas mal vu. Tandis qu’une fille, elle sera cataloguée comme une fille facile, une pute. Moi, c’est l’étiquette qu’on m’a mise, quand je suis partie.

NPNS – As-tu l’impression que les choses évoluent à ce niveau ? Quand tu vois les jeunes filles de 20-25 ans, as-tu l’impression que ça change ?

Karima – Non. C’est toujours pareil.

NPNS – Et crois-tu qu’elles ont envie que ça change ?

Karima – Elles n’attendent que ça. Elles ne demandent pas mieux, mais n’osent pas le dire. Elles le pensent tout bas. Elles en rêvent. Mais elles le taisent.

NPNS – Elles attendent que le changement vienne des hommes ?

Karima – Non. Il faut que le changement vienne des lois. Il faut qu’il y ait des lois qui imposent.

NPNS – Mais les lois imposent…

Karima – Oui, les lois imposent. Mais les parents ne le savent pas. Ils ignorent la moitié des lois. Et quand ils enfreignent la loi, bien souvent on ne leur dit rien. Même des policiers qui sont au courant, qui connaissent des cas de mariages forcés, de ports de voile obligatoires. Ils le savent, mais ils ne bougent pas. Ils ne réagissent pas. Pourquoi ? Parce qu’il faut des preuves. Il faudrait qu’on puisse réagir, même sans preuve. C’est ça le problème. Car pour avoir des preuves, il faut que la fille, la victime, dénonce. Mais elle ne le fera jamais, parce qu’elle a peur. Peur pour sa sécurité et peur d’être reniée, par sa famille et la communauté.

NPNS – On pourrait imposer la loi, mais à l’intérieur des maisons, on ne sait pas ce qu’il se passe…

Karima – Mais il y a des indices. À l’école, par exemple, les chutes de points sont une indication. Parce que la fille ne peut pas faire ses devoirs, parce qu’elle est maltraitée. Une fille est révoltée ? Elle fait les 400 coups à l’école ? Il ne faut pas chercher très loin. Bien souvent, c’est qu’il y a un problème chez elle, à la maison. Il faut éviter de téléphoner aux parents pour leur dire : « votre fille, ça ne va pas », car ça risque d’aggraver encore la situation. Il faut augmenter le nombre d’assistants sociaux dans les écoles, qui vont détecter les signaux, mettre la fille, ou le garçon, en confiance, afin qu’il ou elle ose parler et se laisse aider.

Il faut que les filles, les femmes, aient le courage de parler. Il faut qu’elles osent dire : « Moi, j’ai vécu ceci. », « J’ai une sœur, une cousine, une tante, une mère, qui a vécu ça. » Il faut vraiment que les gens parlent. Une seule personne, ce n’est pas assez. Il faut que les gens, en particulier les filles, n’aient plus peur de parler.

@ www.niputesnisoumises.be

Pétition : Algérie : SOS libertés

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Appel pour la tolérance, pour le respect des libertés

Des journalistes condamnés à des peines de prison ferme et menacés d’incarcération.

Des syndicalistes licenciés pour avoir revendiqué des salaires décents.

Des chrétiens harcelés pour délit de prière.

Les signataires, vivement inquiets de cette escalade contre les libertés démocratiques, expriment leur solidarité avec les journalistes libres, les syndicats autonomes et la communauté chrétienne d’Algérie, cibles de mesures aussi brutales qu’injustifiées ; réaffirment leur attachement à la liberté d’expression, au pluralisme syndical et à la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer ; appellent à la tolérance et au respect des libertés et de la diversité, valeurs cardinales de toute société démocratique.

Alger, le 17 mars 2008 Pétition pour la défense des libertés en Algérie parue dans “El Watan

Pour signer la pétition : contacter l’un des premiers signataires ou envoyer un mail à : sos.libertes@yahoo.fr

@ www.prochoix.org

Le dissident chinois Hu Jia envoyé en prison

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La Chine a condamné jeudi Hu Jia à trois ans et demi de prison, deuxième sanction sévère à l’encontre d’un dissident à quatre mois des Jeux olympiques, qui a provoqué l’irritation d’une partie de la communauté internationale.

Hu Jia, l’une des voix les plus critiques du régime communiste, était accusé de tentative de subversion du pouvoir de l’Etat. « Il a été reconnu coupable », a déclaré l’un de ses avocats, Li Fangping.

L’agence officielle Chine Nouvelle a annoncé le verdict en parlant du « crime » commis par le dissident qui a aussi été privé de ses droits politiques pendant un an.

« C’est injuste. Leur preuve, c’est qu’il a publié sur l’internet cinq articles qu’il avait écrits et donné deux interviews avec la presse étrangère, ce n’est pas juste », a déclaré sa femme Zeng Jinyan, en pleurs, à sa sortie du tribunal. Agé de 34 ans, Hu Jia avait été jugé le 18 mars en quelques heures par la première cour intermédiaire de Pékin.

Il s’agit de la deuxième condamnation à la prison d’un opposant chinois en dix jours, après celle de Yang Chunlin, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan « Nous voulons les droits de l’Homme, pas des Jeux olympiques ». Me Li Fangping a indiqué ne pas savoir si son client ferait appel.

Arrêté en décembre alors qu’il était en résidence surveillée, le militant avait dénoncé le non-respect par Pékin de ses engagements en faveur des droits de l’homme, pris pour obtenir l’organisation des JO. Dans un écrit en septembre avec son ami Teng Biao, professeur de droit, il avait averti les étrangers qui se rendraient à Pékin pour les Jeux (8-24 août) : « Vous ne savez peut-être pas que cet enthousiasme, ces sourires, cette harmonie et cette prospérité sont fondés sur l’injustice, les larmes, l’emprisonnement, la torture et le sang ». « Nous prions pour que les JO se déroulent dans une Chine libre », concluaient-ils.

Jeudi, son épouse a réaffirmé que Hu Jia avait « toujours soutenu les Jeux olympiques ». « Je suis très fière de ce que mon fils a fait. Toute cette affaire est une question de liberté d’expression », a indiqué sa mère.

Européens et Américains étaient intervenus auprès des autorités chinoises. A l’annonce du verdict, l’Union européenne a de nouveau réclamé sa libération. « Nous avons dit très clairement avant le procès qu’il n’aurait jamais dû être arrêté et qu’il devrait être libéré. Ceci reste notre position », a indiqué un porte-parole de la délégation de la Commission européenne à Pékin.

« Nous sommes consternés par cette condamnation », a déclaré à la porte-parole de l’ambassade américaine à Pékin, au moment où le secrétaire au Trésor Henry Paulson se trouvait dans la capitale chinoise. « En cette année olympique, nous appelons la Chine à (…) prendre des mesures afin d’améliorer la situation des droits de l’Homme et de la liberté religieuse », a dit Susan Stevenson.

Pour Amnesty international, le verdict constitue « un avertissement pour les autres activistes ». « Cela bafoue les engagements de la Chine d’améliorer les droits de l’homme avant les jeux Olympiques », a commenté Mark Allison, chercheur de l’organisation pour l’Asie de l’Est.

Reporters sans frontières a dénoncé une « provocation » et une « justice aux ordres des autorités » à quelques mois des JO. « La Chine est un pays de lois. Chacun est égal devant la loi, il ne nous est pas possible d’arrêter l’application de la loi en raison des Jeux olympiques », a rétorqué une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le jour du procès, le Premier ministre Wen Jiabao avait assuré que la Chine n’intensifiait pas la répression avant les JO.

(D’après AFP)

Le Soir, le 3 avril 2008

L’Egypte ordonne la saisie du magazine “Der Spiegel”

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L’Egypte a ordonné la saisie d’un numéro spécial du magazine allemand Der Spiegel, l’estimant insultant pour l’islam et son prophète, a rapporté mercredi la presse égyptienne.

Le ministre de l’Information, Anas el-Feqi, a indiqué avoir pris cette décision “dans le cadre de la défense des valeurs islamiques et pour se dresser face à qui tente de porter atteinte au Prophète, à la religion musulmane et aux religions en général”, indique le quotidien pro-gouvernemental Al-Gomhouriya. M. Feqi a ajouté qu’il ne permettrait l’entrée en Egypte d’aucune publication portant atteinte aux religions monothéistes, “car cela ne s’inscrit pas dans le cadre de la liberté de l’information dont parle l’Occident”, selon le journal.

Paru le 25 mars, ce numéro spécial sur l’islam annonce en couverture “Allah en Occident - l’islam et l’Allemagne”, selon Al-Gomhouriya. Le magazine affirme que l’islam est “une secte chrétienne” et contient plusieurs images et expressions insultantes pour le prophète Mahomet, assure le journal, ajoutant que Der Spiegel cite un “orientaliste allemand” d’après qui l’islam invite à la violence et au terrorisme. En février, l’Egypte avait déjà interdit la vente d’éditions de quatre journaux internationaux — les allemands Frankfurter Allgemeine Zeitung et Die Welt ainsi que le britannique The Observer et l’américain Wall Street Journal – dans lesquelles apparaissaient des caricatures du prophète Mahomet. (afp/7sur7)

7 sur 7, le 2 avril 2008

La presse réformatrice réprimée

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Nombre de publications sont dans le collimateur des dirigeants conservateurs. Pourtant, les réformateurs ont fait de la résistance lors des élections législatives.

“L’automne au seuil du printemps”, c’est le titre de “Etemad-e Melli”, l’un des derniers quotidiens réformateurs, pour déplorer la fermeture, au lendemain des élections législatives, de neuf titres de la presse iranienne, essentiellement des revues culturelles ou de loisirs sans contenu proprement politique. Les autorités leur reprochent notamment d’avoir propagé “les superstitions”, autrement dit, d’avoir peut-être un peu trop publié de photos de stars américaines. Et ce n’est pas fini : treize autres publications sont actuellement sur la sellette.A “Etemad-e Melli”, on n’est donc jamais sûr que le prochain numéro ne sera pas le dernier. “Bien sûr que nous sommes préoccupés“, reconnaît Mohammed Javad Haghshenas, le directeur de la publication. Le journal n’en continue pas moins de défendre avec vigueur la liberté de la presse et à faire campagne pour la ligne réformatrice. Ou plutôt les lignes, car l’unité fait défaut, faisant apparaître le camp réformateur comme un archipel de groupes et de groupuscules. Comme les conservateurs, d’ailleurs.

Mais les réformateurs reviennent, eux, de loin : en interdisant à quelque 2 200 candidats de se présenter, dont d’anciens députés et ministres réformistes, le Conseil des gardiens de la Constitution, tenu par des savants religieux proches du Guide Ali Khamenei, semble les avoir poussés à boycotter le scrutin du 16 mars. Ce qui les aurait alors placés hors de l’espace politique, en situation de quasi-hors-la-loi, les privant de la possibilité de se présenter au scrutin présidentiel de l’an prochain. “Du début à la fin, cette élection n’a pas été honnête. Nous n’avons cessé de protester. Mais il faut aller voter, c’est la seule façon de changer la situation“, insiste Mohammed Javad Haghshenas. Demeure que pour plus de cent sièges - sur 290 -, les réformateurs n’ont pu présenter aucun candidat à cause des invalidations.

Déroute à Téhéran

Cela n’a pas été le cas à Téhéran. Pourtant, les résultats y sont accablants pour les réformateurs. A moins d’une forte mobilisation pour le second tour, dont la date est encore inconnue, ils ne devraient avoir aucun des 30 sièges en compétition - 290 pour l’ensemble de l’Iran. Le candidat réformateur qui a obtenu le meilleur score n’a arraché que 5 pc des suffrages. D’une façon générale, le taux de participation a été l’un des plus bas que l’Iran ait connus : 26,9 pc dans la capitale et 28,2 pc dans le département de Téhéran, selon les chiffres officiels. “Cette chute de la participation est un signal d’alarme pour le régime. En même temps, quand la participation tombe, cela profite aux conservateurs qui bénéficient d’un vote clientéliste bloqué. Celui-ci représente entre 7 et 15 pc des suffrages“, explique un politologue iranien. En province, où la participation est largement supérieure, les réformateurs s’en sortent mieux. Ils devraient compter sur une cinquantaine de députés plus une vingtaine d’indépendants qui seraient des réformateurs déguisés. Soit un nombre analogue à celui des partisans de Mahmoud Ahmadinejad, mais bien inférieur à ceux de l’ensemble du camp conservateur.

Dans la perspective du scrutin présidentiel, les réformateurs s’emploient déjà à mettre sur pied une grande coalition qui réunirait toutes les mouvances autour d’un candidat dont le nom n’est pas connu. “Elle rassemblerait les partisans de Khatami, de Karoubi, de Rafsandjani, et même Rohani (l’ancien responsable du dossier nucléaire, NdlR.). Ce n’est pas encore gagné, mais nous progressons dans cette voie“, indique Sayyed Mohammad Kharazi, un ancien vice-ministre des Affaires étrangères et conseiller de Khatami. Objectif : battre à tout prix Ahmadinejad. Mais sera-t-il alors encore le favori des factions conservatrices ?

Jean-Pierre Perrin

La Libre Belgique, le 2 avril 2008

255 membres des Frères musulmans arrêtés

freres-musulmans-logo.jpgPlus de deux cents membres des Frères musulmans ont été arrêtés dans différents endroits de l’Egypte de mardi à mercredi, a-t-on appris auprès des services de sécurité.

Les 255 militants ont été arrêtés selon ces sources dans différentes provinces “entre mardi et mercredi” après les manifestations de protestations contre la répression des autorités à leur encontre à l’approche des municipales du 8 avril.

Mardi, des milliers de membres de la confrérie islamiste ont manifesté dans toute l’Egypte. Ils étaient près de 3.000 personnes à Zagazig (100 km au nord-est du Caire), 2.000 à Alexandrie, la grande ville portuaire du nord du pays et 1.500 à Damanhour (delta du Nil).
A Tanta, des heurts entre plus de 700 partisans des Frères et la police ont fait cinq blessés des deux côtés.

Les autorités égyptiennes ont intensifié ces derniers mois la répression à l’encontre des Frères musulmans, dont plusieurs centaines de membres ont été arrêtés.

Les élections municipales sont généralement remportées par le parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND). Repoussé de deux ans en 2006, le prochain scrutin a été fixé au 8 avril. D’après les Frères musulmans, les autorités ont empêché 90% de leurs 5.159 candidats de déposer leurs candidatures.

Le régime craint que les élections ne profitent aux Frères, qui avaient effectué une percée historique en remportant le cinquième des sièges du Parlement lors des législatives de 2005. Leurs candidats s’étaient présentés sous l’étiquette d’indépendants.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a estimé dimanche que les rafles dans les rangs des islamistes constituaient une “tentative éhontée de fausser” le scrutin. La confrérie, créée en 1928, a été interdite en 1954, mais elle est relativement tolérée. (belga)

7 sur 7, le 2 avril 2008